Feydeau et moi

Les pièces de Feydeau sont comme les opéras de Mozart : une bonne porte d’entrée pour qui veut se frotter à cet art relativement plus élitiste que le cinéma. Le revers de la médaille, c’est que les pièces de Feydeau sont tellement jouées et rejouées qu’on peut vite s’ennuyer ferme devant une mauvaise adaptation.
Je suis allé hier soir voir Un fil à la patte à la Comédie Française, qui monte comme presque chaque année une pièce de Feydeau. La mise en scène de Jérôme Deschamps (le mec des Deschiens), sans être franchement innovante ou créative, a cependant le mérite de respecter fidèlement un jeu de scène qui, spécialement chez Feydeau, se noue autant dans le jeu d’acteur que dans les déplacements, les décors, les objets et les costumes. Et la mise en scène sait surtout rester dynamique et sans temps mort, ce que les mauvaises mises en scène ne savent pas faire.
C’est encore une histoire de coucherie dans le petit monde bourgeois parisien de la fin-de-siècle (toute ressemblance avec la blogosphérie serait purement fortuite et en plus pas faite exprès). Bois d’Enghien, joli cœur plein d’esprit mais pas vraiment fortuné, doit épouser la fille d’une riche baronne et revient pour cela chez son ancienne amante lui annoncer sa rupture. Mais son amante recevant continuellement du monde et étant persuadée qu’il l’aime encore, il ne parvient pas à trouver un instant pour le lui annoncer. Il doit faire vite, puisque son amante est une chanteuse reconnue qui doit donner un récital le soir même… pour le mariage de Bois d’Enghien.
Le reste est histoire de quiproquos entre un général mexicain sanguin et fou amoureux de Lucette (l’amante, donc) et un clerc de notaire déluré qui écrit des chansons aussi profondes que celles de Christophe Maé.
Le casting de cette fournée est excellent. Une mention spéciale à Christian Hecq, qui joue un Camille Bouzin (le clerc de notaire) tout en mimiques et en cartoon. Rosalie ne l’a pas aimé : je lui concède quelques instants où ça devient un peu trop cabotin, mais tenir la distance sur le rôle le plus comique de la pièce relève quand même de la prouesse. Surtout dans le troisième acte. Les applaudissements en plein milieu de scène ne s’y sont pas trompés !
Jusqu’au 18 juin 2011 à 20h30 en semaine, 14h le samedi.
[Pour le résultat du concours Les Inrocks, c'est par là]





2 commentaires
Dans le genre farce légère, ça te tente pas, « Les fiançailles au couvent » dans10 jours à l’Opéra Comique ?
Merci merci merci Jules, je suis toute inrockuptée !
Ôtez moi d’un doute, mais le service public par le truchement de France 2 n’avait il pas monté ce fil?
Sinon, chez moi ils disent que Moby dick c’est un opéra….ça me laisse tout rêveur.
Ouaiiii, la dernière fois que j’ai gagné quelque chose c’était a la maternelle!!