Braquo, ou la sagesse de souscrire une assurance

Je croyais qu’il y avait des histoires qui n’arrivaient qu’à d’autres.

Pendant 5 ans, je me suis baladé insouciant dans Paris, j’ai utilisé mon iPhone dans le métro sans faire attention à qui rôdait aux alentours, je ne prenais pas d’assurances pour aucune de mes affaires précieuses et je me disais que je n’étais vraiment pas le genre à me faire agresser. Faut dire que dans la criminalité dans le Marais est un concept inconnu.

Et puis, ce week-end, j’ai décidé de changer de téléphone.

Et c’est quand la vendeuse, tout à son professionnalisme, m’a proposé une assurance, que je me suis interrogé sur ma négligence pas encore coupable jusque là. Mais quoi ? A quoi sert aujourd’hui de prendre une assurance pour son précieux mobile quand les opérateurs te demandent une preuve dûment certifiée de coups et blessures pour te faire rembourser ? Qui aujourd’hui se risquerait à s’agripper à son portable si c’est pour se faire péter le bras ou se prendre un coup de canif ? Folie. Oui, mais là, on me proposait une assurance plus chère, mais qui couvre mieux en cas de vol. J’ai dit banco, il est temps de redevenir sérieux (retenez bien ce point pour la suite).

Or donc, garni de mon précieux téléphone, je rentrais calmement et d’une démarche rectiligne (si, si) dans mon logis. Après avoir tapé trois fois le code pour trouver le bon (mais il faisait noir), je me suis retrouvé plaqué au sol, des mains dans les poches qui n’étaient pas les miennes, dans le noir complet, sans un bruit. Chic, un braquage ! En moins de 10 secondes, il n’y avait plus rien, ni individus, ni téléphone. De la dentelle, les mecs.

Prenons la chose avec philosophie.

Je ne sais pas ce qu’il y a de pire dans un braquage : le choc orgueilleux d’avoir été impuissant, maîtrisé comme une vieille loque, en bas de chez soi (soit objectivement l’endroit le plus safe du monde) ou la déposition au commissariat le lendemain. Entre les officiers de police obligés de remettre en doute avec beaucoup de psychologie ta déposition pour déceler une éventuelle fraude à l’assurance, les salles d’attente remplies en majorité de cas de vols avec violence, ou le dépit des officiers de police qui t’annoncent tout de go que « de toute façon, on ne va pas diligenter d’enquête, on n’a aucune chance de les retrouver et les opérateurs nous font payer des sommes exorbitantes pour localiser les téléphones ». Et quoi qu’il en soit, des comme toi il y en a jusqu’à plus soif, du lendemain de fête au milieu de semaine, pour des faits identiques.

Non, en fait, le pire, c’est de devoir retourner en boutique deux jours après ton achat pour déclarer un sinistre pour « vol avec violences en réunion », sous les regards écarquillés de ta vendeuse qui se dit à cet instant précis qu’elle a un don caché pour faire le bien des gens malgré eux.

En attendant, je suis en sevrage forcé de téléphone. Donc, soyez gentils avec moi, je suis facilement irritable.

Photo Flickr — Gcpairch

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3 commentaires

  • 1
    24 novembre 2011 - 12 h 53 min | Permalink

    Ca me rappelle quelque chose…

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