Le retour de l’enfant prodigue

Je suis désormais pour quelques jours en vacances chez mes parents.
En descendant le marchepied samedi, je me disais que même si la majorité d’entre nous s’est émancipée à la tronçonneuse à la vingtaine, quand elle a voulu quitter le cocon familial, nous avons toujours eu l’impression que nos parents nous attendraient, que rien ne changerait, que notre chambre, nos affaires, resteraient figées comme des mausolées, dans l’attente du retour inespéré de l’enfant prodigue.
Oui, il y a toujours quelque chose de délicieusement grisant lorsqu’on débarque chez les parents, qu’on balance sacs et affaires au milieu du couloir sans compter les ranger, qu’on oublie toute prescription nutritionnelle sous la bénédiction bienveillante de maman. C’est le dernier rempart de la liberté, là où ni les arrêtés municipaux de la ville de Paris ni les lois de santé publique ne vont s’aventurer. Un havre de paix.
Sauf que, cette fois-ci, je ne suis plus l’enfant prodigue.






