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Rostang, père et filles

Est-ce la nouvelle année qui s’annonce et qui pousse à l’innovation ? Je ne sais guère, mais en preview de 2011, j’inaugure une nouvelle catégorie : fooding. Paie ton originalité, mais j’ai décidé d’arrêter de complexer à cause de ma cuisine trop petite qui m’empêche d’acheter tous les ustensiles que je veux et donc de laisser libre cours à mes envies culinaires dans mon assiette et sur ce blog. Rassurez-vous, on tâchera moyen de pas vous inonder de recettes, c’est pas un blog cuisine ici.

Par tradition, j’ai toujours penché du côté de la cuisine de bistrot plutôt que vers les rodomontades gastronomiques où l’on sent que le cuisinier s’est — pardonnez-moi l’expression — branlé tout seul dans le plat (non seulement c’est vulgaire, mais en plus, c’est totalement contraire aux règles d’hygiène de la DGCCRF, ce machin-là). Alors, en m’en allant la semaine dernière rencontrer Michel Rostang et ses filles, je suis tombé dans un univers culinaire que j’adore.
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Chirashi mon amour

chirashi

Salut les tanches,

Ça fait pas mal d’années déjà que j’ai troqué une à deux fois par semaine un boudin-pommes contre une parure de lit en thon rouge sur grains de riz et que mon menu hebdomadaire s’est enrichi à la cuisine jap. Bon, depuis l’autre jour et ce reportage sur Canal+, j’ai vaguement l’impression de porter la responsabilité d’un génocide animalier. C’est vrai que nous autres, les Occidentaux, on a un peu pas compris le concept du sushi : on a l’impression, demeurés que nous sommes, que les Japonais en mangent tous les jours ; or, que nenni. C’est con, un Occidental, quand même : j’imagine que ça croit aussi que les gens du Maghreb mangent du couscous tous les jours. Mais faut dire qu’en matière de poiscail, c’était plutôt la jachère, côté papilles. Je confesse faire partie de la génération Croustibat, qui a accueilli le sashimi en libérateur.

Sauf que faut pas nous prendre pour des ablettes.

Chuis pas aventurier du menu midi. Après une errance de quelques années, j’ai décidé arbitrairement de jeter mon dévolu sur le chirashi. Est-ce le bol, qui te donne l’impression de sortir du côté cantoche ? Est-ce la totale liberté de te faire tes propres bouchées, tantôt poissonneuses, tantôt céréaleuses ? Est-ce l’aspect esthétique du plat, qui me rappelle un peu le Dormeur du Val ? Le chirashi, pour les bourses en délicatesse, c’est un peu, aussi, le meilleur rapport qualité/prix (mais ce n’est pas la question) (puisqu’on vous le dit), même si tu fais le fou en t’aventurant dans le chirashi royal. Quand tu le manges, le chirashi, c’est fort pratique avec tout ce riz collé : yaka piocher dans le bol.

Sauf que faut pas nous prendre pour des gardons.

Depuis quand on sert les chirashi dans des BARQUETTES ?

Le chirashi en barquette, c’est l’anti-chirashi par essence. Ton tapis de riz se transforme en mince carpette. Résultat : ce qui fondait jadis dans la bouche devient fadasse. Le poisson prend le dessus sur le riz, le ying sur le yang, que sais-je encore. Pire encore, essaie seulement de faire des bouchées correctes quand ton lit de riz vinaigré fait moins de 2 centimètres de haut. Je suis pas manche du chopstick, mais sérieux, la dernière fois que j’ai essayé, mon bureau ressemblait à Kobe après un séisme. Next.

Je m’énerve pas, j’explique.

Photo FlickRKennymatic

Le sushi de la mort

Salut les pommes dauphines, c’est José (de Beauvais),

Je viens ici pour pousser un coup d’gueule dans le mégaphone. C’est pas normal qu’aujourd’hui en 2009, on n’ait toujours pas réglé ce problème de malbouffe. J’veux dire, avec mes camarades du mouvement OGM ? OMG !, à quoi ça a servi qu’on ait terrassé des MacDonald’s et fauché du maïs transgénique si c’est pour voir fleurir des KFC partout et voir des pizzas supplément souris ? Ah qu’il était beau le temps de Brillat-Savarin et de Bernard Loiseau.

Mais voilà qu’aujourd’hui, les céleris rémoulade, ce sont les sushis-thon qui seraient pas des sushis-thon. Des scientifiques américains ont mené l’enquête dans une trentaine de restaurants, et leurs conclusions sont effarantes : plus de la moitié des restaurants ne servent pas de thon sur les sushis. A la place t’as (sans supplément) de l’escolar, un poisson très gras (il arrive pas à le métaboliser tout seul, un peu comme Cindy Sander), qui peut te ravager les intestins et d’envoyer toute la soirée aux ouaters et comme il est servi cru, il est impossible d’en retirer toute l’huile… C’est pour ça que les Japonais l’ont retiré de la consommation en 1977. Et, en matière de sushis, je sais pas pourquoi, mais j’aurais tendance à faire confiance aux gens qui poussent des cris en agitant des grands sabres.

Le sushi, raffinement culinaire, atteint par la malbouffe ? Quand je vous dis que le monde s’écroule. Alors je lance ce soir un gigantesque boycott mondial de toute la nourriture avariée. Retournons aux valeurs sûres : veau ravigote pour tout le monde !

Photo FlickRImwearingcons