Parlez-moi de vous (parce que je m’ennuie)

Est-ce parce que désormais, la voix chaleureuse de Pascale Clark m’accompagne pendant 3 minutes 50 le matin (de l’avantage de travailler à trois stations de métro de là où on dort — ou inversement) ? Est-ce parce qu’un jour de 2009, j’ai déjeuné d’un bô-bun près de Karin Viard au Paris-Hanoï ? Je ne sais pas, mais j’ai été inconsciemment tiré dans une salle obscure de l’UGC Bastille pour aller voir Parlez-moi de vous.
Il raconte l’histoire de Mélina (Karin Viard), une sorte de Macha Béranger trente ans avant son cancer, qui recueille avec intimité et chaleur les confidences et les soucis des auditeurs de Radio France, mais devient froide et asociable une fois le micro coupé. Retranchée dans son grand appartement du 16e arrondissement, elle vit seule avec son chien et porte des escarpins même chez elle — l’archétype parfait de la voisine du dessus, aussi appelée la connasse.
C’est que Mélina porte un lourd secret : abandonnée à la naissance par sa mère, elle n’a eu de cesse de la chercher, allant jusqu’à mandater les services de profilers. Ces derniers la retrouvent dans un petit pavillon de banlieue, alternant clopes, phrasé à la Jacky Sardou et après-midi bénévolat au Secours Populaire. Le choc des cultures est flagrant, mais petit à petit, Mélina va gagner sa confiance et son amitié, comme à la radio, sans jamais se dévoiler.






