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Je vous salis, ma rue

photos uberparisians

Si je sonde les tréfonds de ma conscience, j’entends la petite voix de Brice Teinturier qui dit que 80% des Consciencieux savent pourquoi j’ai acheté un appareil photo, et 4% ne se prononcent pas. Sur une longue période, il semble qu’il y ait un mouvement d’opinion dans ma conscience. Une sorte de radicalisation de mes envies qui trouvent un écho favorable dans l’action du goût vert (qui) ne ment (pas).

Je crois qu’au fond, si je m’ai décidé à acquérir un objectif qui fait clic-clic, c’est pour le street shooting. Y’en a qui claironnent parce qu’ils sont continuellement en vacances puisqu’ils habitent avec le soleil et les restaurants fermés l’hiver (ah on fait moins les malins, là !), mais tout pleins de rancœur, on pourrait leur rétorquer que na, vas-y pour faire des jolies photos de ville dans ton bled méridional. Si c’est pour capturer du linge qui pend aux fenêtres et de la ruelle qui est pucelle du bitume, ça va bien.

Hier, je suis pas allé bien loin pour comprendre que :

1) La religion est de retour

2) La fin du monde est pour 2012, comme prévu

3) Les judas ont bien changé

photos uberparisians
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En parabole, on pourrait dire à travers ces photos que les blogueurs sont complètement fanatiques de la pellicule, qu’ils passent leur temps à se dénoncer entre eux pour un plat de lentilles (j’ai séché le cours sur les légumineuses catholiques en 6e, on peut me confirmer que je m’ai pas gouré ?), mais que tout ce petit jeu va finir bientôt.

Aurais-je fait une série avec du sens ?

Le rugby expliqué aux filles

stade français stade toulousain 2010

Les copains,

Samedi dernier, les naufragés du week-end ont pu se rendre compte sur Twitter que j’assistais à un match de rugby. Le crunch, qu’on appelle outre-Manche, c’est-à-dire une rencontre au sommet entre deux grands clubs français : le Stade Français et le Stade Toulousain. Avec la belle-famille. Dont Rosalie. Forcément. Laquelle est encore en phase de consolidation de ses acquis footballistiques. Autant dire qu’expliquer les règles complexes du rugby à une fille, c’était une dure tâche. Live-texte d’une partie endiablée.

-30e minute de jeu — Alors qu’on se presse dans les gradins, Rosalie me demande : « Je suis pour qui aujourd’hui ? ».

-29e minute de jeu — « Pour le Stade Toulousain, et tu ne poses pas de question », que je réponds. « Ouaiiiis ! D’accord », qu’elle répond.

-25e minute de jeu — Visiblement, le Nouvel An chinois est à l’honneur. Rosalie remarque que les gens qui agitent le dragon de papier planté sur des piques ont une assez mauvaise coordination : on croirait le dragon en cruel manque de Ventoline tellement il se convulse. Sur le bord du terrain, des personnes sont dans des costumes de dragon. A deux. Celle de devant debout, celle de derrière en équerre, pour que la dragon soit assis. En imaginant ce que ça doit donner à l’intérieur du dragon, on trouve ce show chinois pas très catholique.

-20e minute de jeu — Helmut Fritz est persuadé qu’il peut battre le record des Black Eyed Peas en faisant danser tout le Stade de France. Malgré l’aide des stewards qui incitent le public à faire les mouvements de chorégraphie, le Stade de France s’en fout. Bide monumental.

-15e minute de jeu — Les parades chinoises sont de retour ! Avec les filles du Moulin Rouge, quasi nues, en train de parader par 3°C autour de la pelouse.

-14e minute de jeu — « C’est fou. Avec leur armature rose au-dessus de la tête, on dirait des grosses dindes », analyse Rosalie. La maman de Rosalie acquiesce.

-12e minute de jeu — « Bon, j’en ai marre de tout ce rose, là. JE VEUX DU MUSCLE ! ». Visiblement, Rosalie est venu pour le sport…

-8e minute de jeu — En regardant son billet, Rosalie s’interroge : « C’est quoi le top 14 ? » « C’est le nom du championnat de France. » « Pourquoi ça s’appelle comme ça ? » « Parce qu’il y a 14 clubs » « Ah… c’est bien pensé, n’empêche. »

-5e minute de jeu — La composition des équipes arrive sur les écrans géants. « Nuuuuméro 1 : Jean-Baptiste Pouxxxxx… Nuuuméro 2 : William… Servattttt ». Je force Rosalie à applaudir, qui n’avait pas compris qu’il s’agissait du Stade Toulousain.

stade français stade toulousain 2010

-1 minute de jeu — Les deux équipes entrent sur le terrain. L’œil alerte, Rosalie s’indigne : « Mais, enfin ! Pourquoi c’est pas Toulouse qui joue en rose ? On dit bien la Ville Rose, pourtant ? » « Oui, mais c’est comme ça, les Toulousains jouent en rouge et noir, ce sont leurs couleurs » Je crains que Rosalie ne mette une mi-temps à se remettre de ce traumatisme chromatique.

1 minute 44 de jeu — Déjà un mort pour le Stade Toulousain. Entorse des ligaments croisés du demi de mêlée, aka la pièce maîtresse de l’équipe. Dans le Stade, les supporters du Stade Français raillent. A côté de moi, le frère de Rosalie, est hilare. Je suis donc seul contre tous.

4e minute de jeu — Drop manqué de David Skrela. « Qu’est-ce qui se passe ? » « Rien, il a tiré à côté, donc on arrête le jeu. Regarde le ralenti. » Sans le savoir, je viens de mettre le doigt dans l’engrenage de l’explication des règles.

11e minute de jeu — La ola fait trois fois le tour du stade.

22e minute de jeu — Pénalité pour un hors-jeu de David Skrela et 3-0. « Qu’est-ce qui se passe ? » Malin, j’évite de dire à Rosalie qu’il y a eu hors-jeu, pour éviter la confusion avec le football. Interloquée, Rosalie renchérit : « Non mais attends, je pige pas. Au rugby, il faut pas transformer les essais ? » « Oui, mais avant de transformer les essais, il faut déjà les marquer… Là, c’est une pénalité : l’équipe adverse a fait une faute, ils peuvent passer le ballon entre les perches, donc ils tentent. Et ça vaut 3 points » J’ai l’impression d’avoir ouvert dans l’esprit de Rosalie un horizon de possibles complètement infini.

stade français stade toulousain 2010

24e minute de jeu — Yoann Maestri sort sur saignement et est remplacé par Thierry Dusautoir. Rosalie grrrrr de satisfaction à la vue de sa pommette ensanglantée.

31e minute de jeu — Sur une action placée, Toulouse perfore la défense parisienne, mais Clément Poitrenaud commet un en-avant de passe. Alors que je m’apprête à répondre aux questionnements de Rosalie, je me rends compte qu’elle déjà compris qu’au rugby, on ne passait le ballon que par l’arrière.

37e minute de jeu — Yoann Maestri revient sur le terrain. Il faut expliquer à Rosalie le concept du remplacement temporaire sur saignement.

40e minute de jeu — Mi-temps. 9-0 pour Toulouse. Le frère de Rosalie commence à doucement faire la tronche. La maman de Rosalie consulte deux fois sa montre. Eh non, un match de rugby dure 80 minutes et non 90.

42e minute de jeu — Comme en première période, il y a de la casse dès le coup d’envoi. Jean Bouilhou sort groggy, et Thierry Dusautoir entre une nouvelle fois sur le terrain. Rosalie ne s’y retrouve plus dans le concept du remplacement temporaire.

46e minute de jeu — Essai en force pour le Stade Toulousain de Grégory Lamboley. Rosalie n’a pas tout compris, mais applaudit à tout rompre. Et s’extasie quand elle voit ENFIN une transformation d’essai. 16-0 pour Toulouse. Le frère de Rosalie sombre un peu plus dans la déprime.

50e minute de jeu — Les remplaçants du Stade Français commencent à s’échauffer dans leur en-but, devant la tribune. Pour ne pas avoir froid, ils sont emmitouflés dans une épaisse robe de chambre bleue fendue aux jambes mais qui leur descend jusqu’aux genoux. Déçue, Rosalie peste contre cette esthétique crypto-gay et anti-virile au possible. Elle a déjà tout compris à la stratégie marketing de Max Guazzini.

53e minute de jeu — « Non mais c’est vraiment pas possible cette robe bleue, là. Ils sont ridicules ! »

58e minute de jeu — Le jeu s’arrête pendant deux minutes. Rosalie, qui discutait avec sa maman, s’inquiète. Pas de panique, c’est une phase d’arbitrage vidéo pour savoir si un essai du Stade Français a bien été marqué ou non. Rassérénée, Rosalie retourne à ses bavardages.

64e minute de jeu — Déjà 22-0. En bonne stratège, Rosalie a compris que le match était plié à 15 minutes de la fin. L’occasion pour elle de deviser famille et chiffons en toute tranquillité avec maman. Faut l’excuser, les muscles sont rincés, à ce stade-là de la partie…

66e minute de jeu — Deuxième essai du Stade Toulousain par les 138kg de  Census Johnston. Le frère de Rosalie s’est liquéfié. Le Stade Français prend une tôle à domicile, et risque de faire Fanny.

75e minute de jeu — On était donc 78 000 à coller la tehon à Helmut Fritz (chiffres officiels). Dur.

80e minute de jeu — Fin du match. 29-0. Le Stade Français est Fanny.

PhotosStéphane Hamel

Le jour où j’ai mangé des kanelbullar

La belle brochette pour les presque 44 ans de la Mimi ! Vise donc que chacun a tété de la roteuse de rouge ou de blanc.

Il y eut donc l’Alexiane, la Miqueline, l’Osmachin qui ne savait pas qu’on s’était déjà passés un coup de bigot, la Plastie qui n’a pas su déboucher un Côtes-du-Rhône au tire-bouchon pour filles, le Carpe Webem qui n’a fait rien qu’à m’insulter et qui casse les verres (c’est lui ! c’est pas moi !), la Clyne qui dort avec les poules, la Floriane qui dort avec les poules qui ont la permission de onze heures, l’Amelimelo, la Violette, le Rocknrobot, et la Manou18 qui n’aime pas la cannelle.

Car oui, j’ai pu approcher de près les kanelbullar, aka l’Arlésienne de la blogo parisienne. Et vous savez quoi ? C’est bon. Ah, et au pluriel, ça se dit kanelbull (environ).

J’ai toujours des analyses pertinentes.