Sociologie des sociologues de comptoir

Dimanche, j’allais gaiement bruncher au marché des Enfants Rouges, et je me suis retrouvé plongé dans un tourbillon assez vertigineux.
Alors que je digérais tranquillement un brunch tout de poisson vêtu avec un café bien corsé, j’ai surpris une conversation venue de la table à côté. Je vous pose la scène : deux couples, peut-être couples dans la vraie vie. Parmi ces messieurs, l’un porte la barbe très bouclée, l’autre non. Parmi ces dames, l’une s’est sapée en ethnique-chic, sautoir, bottes à franges et ponchos vaguement apache (ou comanche, je confonds toujours), l’autre porte des lunettes surdimensionnées, du genre à s’appeler Yseult et à bosser chez Lancôme. Vous rajoutez un iPhone 4 pour la modernité et un téléphone portable du dernier cri en 1998 pour le côté nono, et deux Vogues entre les doigts de ces demoiselles, et je pense que voilà une vue assez fidèle d’une table à Paris un dimanche après-midi.
Or donc, alors que mon esprit vagabondait au milieu des volute de café, j’ai surpris une conversation assez intéressante, dont je vous livre les extraits verbatim :
« Je vais sortir une statistique à la con, mais 70% de la population termine le boulot à 18 heures et se cale direct devant le Bigdil [sic] »
« Non mais il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, la majorité des gens s’abrutissent devant leur écran de télé »







