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Sociologie des sociologues de comptoir

Dimanche, j’allais gaiement bruncher au marché des Enfants Rouges, et je me suis retrouvé plongé dans un tourbillon assez vertigineux.

Alors que je digérais tranquillement un brunch tout de poisson vêtu avec un café bien corsé, j’ai surpris une conversation venue de la table à côté. Je vous pose la scène : deux couples, peut-être couples dans la vraie vie. Parmi ces messieurs, l’un porte la barbe très bouclée, l’autre non. Parmi ces dames, l’une s’est sapée en ethnique-chic, sautoir, bottes à franges et ponchos vaguement apache (ou comanche, je confonds toujours), l’autre porte des lunettes surdimensionnées, du genre à s’appeler Yseult et à bosser chez Lancôme. Vous rajoutez un iPhone 4 pour la modernité et un téléphone portable du dernier cri en 1998 pour le côté nono, et deux Vogues entre les doigts de ces demoiselles, et je pense que voilà une vue assez fidèle d’une table à Paris un dimanche après-midi.

Or donc, alors que mon esprit vagabondait au milieu des volute de café, j’ai surpris une conversation assez intéressante, dont je vous livre les extraits verbatim :

« Je vais sortir une statistique à la con, mais 70% de la population termine le boulot à 18 heures et se cale direct devant le Bigdil [sic] »

« Non mais il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, la majorité des gens s’abrutissent devant leur écran de télé »

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3:AM

Samedi soir, en vadrouille au Scopitone, j’ai siroté fort longuement un gin tonic (à 13€ le gin to’, heureusement qu’ils mettent des pailles) sur du hip-hop West Coast nineties. Je préfère taire les errements deejay-istiques à base de Matt Houston (si, souviens-toi : « RNB 2 rue bouge tes seuffs, papy », so 2001) et de Zouk Machine, ce n’est pas le propos.

Sur les entrefaites de 3 heures du matin, quand tout le monde est gris, j’ai aperçu de drôles de comportements parmi mes congénères. J’appelle ça l’heure maudite.

Entre 3 heures et 4 heures du matin, c’est l’heure charnière de la soirée. Le DJ connaît une baisse de régime, la densité de gens joyeux est identique à celle du verre pilé au sol : faut-il rentrer se coucher ? faut-il aller en after ? faut-il rester ? Ce serait simple s’il y avait une réponse de groupe. Mais il y en a toujours qui font cavalier seul, d’autres qui sont partis pisser et se retrouvent abandonnés comme une grand-mère sur une aire d’autoroute, d’autres qui se sont faits emporter par la foule et jeter par la vague sur une banquette tout au bout là-bas et dont ils n’arrivent pas à décoller. La zone.

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Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger

Aujourd’hui, on va causer santé publique et faire remonter le niveau général de ce blog dans les hautes sphères des trucs sérieux. Je sais bien qu’il est socialement admis qu’une vie sociale réussie est une vie sociale qui traîne dans tous les bars à terrasses (ou non) du quartier dès que le soleil pointe le bout de son nez sans manteau brumeux, et qu’au pays de la vigne et du houblon, celui qui ne boit pas d’alcool c’est (un peu quand même) celui qui est relou.

Sauf que.

Au-delà des phénomènes d’accoutumance qui peuvent naître chez ceux qui se sont mis en tête de faire le comparatif de tous les mojitos de Paris-Ouest, une consommation régulière excessive, sans mener forcément jusqu’à l’ivresse, peut modifier les comportements et avoir des conséquences sur la santé à long terme.

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