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L’évolution darwinienne au stade final

Je sais pas si vous avez bien remarqué, mais l’inversion des sexes est en marche. Les filles commencent à piquer dans nos dressings les boyfriend jeans, les boyfriend shirts et les boyfriend jackets. On écluse en cachette les crèmes anti-rides et les Touch’ Eclat, et les sacs à main pour hommes sont du dernier chic.

Vous pensez que c’est anecdotique ? Vous pensez que cela ne s’inscrit pas dans la théorie de l’évolution darwinienne ? Ha ha, repasse ton bac !

De même que l’on descend du singe, voilà maintenant que les hommes vont devenir femmes et les femmes vont devenir hommes. Comment je le sais ? Regardez les photos ci-dessous :

Don’t worry, be ‘stachy…

Melon blogosphérique et new modesty

C’est pas le tout de jouer les snobs à la ville, il faut aussi savoir l’être derrière l’écran.

Depuis que les machins sociaux ont essaimé partout dans les journaux, jusqu’aux magazines féminins qui donnent chaque semaine l’impression d’être la poule qui est tombée sur un ver et qui caquète à qui veut l’entendre sa trouvaille (typiquement Elle), tu ne peux plus passer une journée sans en entendre parler.

Seulement, le travers des réseaux sociaux, c’est le mode gros melon que tu développes systématiquement. Ah ça, sur Twitter, y’en a qui sont champions pour nous donner de l’opé par-ci, de la VP par-là, pour transformer leur timeline en Voici version me, myself and I. Mais le phénomène n’est pas propre à Twitter, et si vous remarquez bien vos amis Facebook, il y en a toujours au moins un dont la vie doit être tellement hype vu l’activité de ses statuts : on se demande comment il fait pour être à Miami la veille et à Osaka le lendemain, mais bon.

La vantardise, c’est l’ornement chic de ceux qui s’imaginent qu’il est indispensable. On s’excuse, mais l’élégance, la distinction, elle passe avant tout par la new modesty (love you Karl), et le tuning, c’est toujours hideux, que ce soit sur Twitter, sur sa voiture, ou sur son look (sauf si vous voulez ressembler à une vamp).

En cinq points, comment appliquer la new modesty sur les réseaux sociaux :

1) Un gramme de chic n’égaye jamais un kilo de banalité. Vous connaissez la règle du caviar et de la boue. Surjouer le côté hype de sa vie est un jeu risqué. Quel intérêt de se prendre en photo avec des fringues équivalent au PIB du Nicaragua si vous habitez dans un 13m² avec un lit en mezzanine pour gagner de la place ? Pourquoi narrer la flopée d’opé auxquelles vous assistez grâce à votre blog, vos lunches-to-be avec les barons de la blogosphère si vous êtes présentement chômeur ? La tendance est un mode de vie et de consommation, pas un badge accroché au chandail.

2) Le web est une agora, pas une cour. A voir certains blogs et certains comptes Twitter, le contenu est désespérément vide, bloqué sur courant alternatif : un compte-rendu d’opé, une invitation VP, et de temps en temps un message d’excuse en forme de listes de courses pour se dédouaner d’être peu présent. « Mais que voulez-vous, j’ai fait tant de choses intéressantes ». Un peu de modestie impose de ne pas s’abaisser à solliciter les compliments flatteurs de ses lecteurs-adulateurs, mais de se remettre en question à chaque billet.

3) Démarque-toi ou passe ton tour. On ne va pas refaire le débat. Sur Internet, il y a les passeurs d’info, et ceux qui tentent modestement de produire de la valeur ajoutée. Ici, une règle : il n’y a pas de sujets du moment dont il faut parler, seulement des sujets du moment dont il faut parler et sur lesquels on a quelque chose à dire.

4) Show few, attend plenty. L’absolu du chic est de ne parler qu’au compte-gouttes de votre vie. Que représente pour vous une invitation en opé annonceur : un miracle inespéré ou une banalité quotidienne ? Soyons sérieux, qui tweete ses excursions à la boulangerie Eric Kayser ?

5) On n’oublie pas ceux qui savent se faire oublier. Avez-vous remarqué comme chez certain(e)s, le même événement peut-être pré-tweeté, live-tweeté, et post-tweeté ? A croire que l’égocentrisme pousse à vouloir attirer continuellement l’attention sur soi. Au final, ce n’est pas de l’admiration qu’on suscite, mais de l’empathie : mégalomanie mal maîtrisée égale confiance dans les chaussettes.

Et vous, vous êtes gros melon ?

Si j’arrive à faire des photos correctes, demain on va
causer de comment être hype en buvant du thé.

Photo FlickRTim Lawrenz

Pour toi public

inconnu masqué

C’est pas souvent que je m’auto-ausculte le nombril blogosphérique les amis. Ici, vous voyez pas du commentaire autorisé sur les ups & downs du classement Wikio, du billet-trop-lol sur la requête improbable du mois, ou de la glose satisfaite sur ses statistiques mensuelles. C’est tellement gross.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous causer de quelque chose qui m’interpelle.

Vois-tu, depuis plusieurs semaines, j’ai beaucoup de requêtes qui arrivent ici en tapant les mots-clés « Jules Uberparisians », « Uberparisians », « Uberparisian Jules », etc. Tous les jours, un nombre intéressant, qui parfois passe sans s’attarder, parfois fait un petit tour. Visiblement, ce sont des visiteurs qui n’utilisent pas d’agrégateur et qui tombent ici via le Dieu Google (passage technique).

Et alors ?

Eh bien, pour le moment, les ceusses qui commentent ici, c’est des gens qu’ont un blog (et même un compte Twitter, paie ton style geek…). Ils sont plutôt rares à venir causer ici ceux qui n’en ont pas. Ce qui fait que je suis très perdu, les amis.

Qui sont ces lecteurs anonymes ? Qu’est-ce qu’ils trouvent ici ? Qu’est-ce qu’il leur manque pour venir grossir les rangs du front anti-megging ? Je vous assure, les amis, c’est frustrant, et flippant.

Ca s’est vu que j’ai fait un article parce que j’ai
pas le temps d’en faire un vrai ? La vérité, je suis en train
de vous fignoler une série de billets sur la CSP+,
mais j’ai plusieurs fois frisé la fausse couche comme Céline.

Photo FlickRJacob Davis