Les beaux gosses

Les marsupiaux, je suis allé voir Les Beaux Gosses hier soir.
Pour l’histoire, je vous la fais courte :
Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c’est une autre affaire…
La vérité, c’est que j’ai semi-lolé.
Riad Sattouf est un garçon très gentil, qui fait de bonnes BD, mais j’ai été semi-déçu par le film. Attention, on se met en mode Télérama, là, tu vas voir le niveau.
Avec le pitch, tu sens le film caricatural à plein nez. Eh ben dans le mille Emile. Les gags sont convenus (chaussette déjà vue dans American Pie). Il faut reconnaître qu’ils s’enchaînent à un très bon rythme, parce que le film est calqué sur le format BD, avec de courtes séquences. Mais l’histoire a pour le coup tendance à s’effacer derrière la trame des gags. Du coup, hormis les petits lols et un mdr étouffé (confession), pas grand chose à retenir de ce film. L’histoire ne comporte aucun rebondissement, la fin est attendue, les personnages au final assez creux. Riad Sattouf m’a donné l’impression de brosser un portrait rapide d’une jeunesse engoncée dans son sébum et son liquide séminal collé au slip plutôt que de tenter un beau film qui sort des canons du teen movie gras et grossier pour entrer dans plus de complexité : parce qu’un ado (mâle), ça mate certes la voisine à poil la pignole à la main, mais ça se pose aussi beaucoup de questions touchantes sur les rapports entre les êtres, sur l’avenir, l’amour, la mort, la vie en adultosphère… De tout ça il ne sera pas question, et c’est fort dommage.
Je n’ai toujours pas compris le pourquoi du comment qu’on n’entend pas une seule fois parler d’MSN, de Facebook ou de Myspace dans ce film. Z’ont pas compris la technique du placement produit ou quoi ? Pour le coup, j’aurai bien ri
Une mention spéciale à Noémie Lvovsky, excellente en mère dépressive donc totalement délurée qui passe son temps à relaver son linge maculé de goutelettes venues d’une fuite dans les toilettes des avions (non mais quelle idée d’habiter sous un couloir aérien) et à tenter de surprendre son fils en plein onanisme.
Tout de même, en sortant du film, tu vois pas que j’ai cherché à me rappeler mes années collège ??? Les contrôles de bio révisés dans le couloir, les premières de la classe méprisantes qu’on traitait de mocheté, les types bizarres à la Mahmoud qui un jour se révèlent en fait totalement normaux (ah ah ah cette scène au gymnase), les profs parfois aussi tordus que les élèves, les soupes de langue que tu cherches à pas choper le tétanos en t’arrachant un morceau entre les bagues, les cheveux gras et les pulls jacquard miteux… Qu’est-ce qu’on n’était pas über-chic !
Merci à Riad Sattouf de m’avoir rappelé que personne n’est né chic…




