Douze macarons en plein brainstorm
Salut les bulots,
Je me souviens qu’un jour, alors que je sortais pas (encore) avec Rosalie (bon en même temps c’était y’a pas si longtemps, Pascal Sevran était déjà mort !), je suis parti faire un truc de dingue.
Quand j’ai vu Juliette Gréco devant l’église de Saint-Germain-des-Prés en train de se faire interviouver, je me suis dit trop « Putain mais ces touristes ils font chier : ils ont jamais vu une reu-sta ou quoi ? ». Non mais c’est vrai, c’est pas comme si limite à Saint-Germain tu pouvais pas croiser Sim en bob Ricard quand tu vas acheter ton pain. Au bout d’un moment, tu fais plus gaffe quoi.
Donc, je sais pas comment me demande pas pourquoi, il s’est trouvé qu’en poursuivant mon chemin en pestant contre tous les Jacky est-allemands avec le combo bermuda-chaussettes et le caméscope vissé sur l’œil, je suis tombé rue Bonaparte sur le magasin Ladurée.
Et là, non mais je te jure.
C’est quoi l’histoire ? Les mecs, ils considèrent les macarons Ladurée comme des mignardises que tu t’offres exceptionnellement quand t’es en voyage à Paris ou bien ? C’est pas le dessert de tous les jours normalement ? Merde j’aurais mal pigé ? Toujours est-il que, crois-le ou non, y’avait de la queue jusque sur le trottoir, et puis de la cosmopolite qu’on se serait cru chez Amanda Lear : t’avais de l’américain (enfin je crois), de l’allemand (ça s’est sûr), et de l’australienne (ça c’est encore plus sûr vu qu’elles étaient noires de peau et blondasses de cheveux que je me suis demandé si limite sur une île déserte elles pourraient pas servir de miroirs pour attirer les bateaux).
Et vas-y qu’ils savent pas ce qu’ils veulent, et vas-y qu’il faut leur traduire les parfums. Non mais je te jure. Über casse-couilles, ces touristes.
Ah, enfin on me demande ce que je veux. Une boîte de douze, que je demande, et que le mec me regarde interloqué comme si je lui avais demandé des capotes. Bah ouais, une boîte de douze macarons, quoi, c’est pas compliqué. Citron-chocolat-vanille-fleur-d’oranger-pistache-caramel qu’elle veut, la Rosalie, et le tout en double, sinon ça fait que 6 et vite, j’ai une réu’ à 14h rive droite, alors t’es gentil tu te grouilles. Quand il entend « caramel », le mec a une lueur d’espoir dans les yeux, genre son cortex reptilien il a fait tilt ou genre c’est son mot préféré ou je sais pas quoi. « Ah, on repart jamais d’ici sans le macaron au caramel », qu’il me fait. Le regard du mec qui va lui dire « Fuck off », je lui fais. Non mais lol quoi, si on repart jamais sans le macaron au caramel, il a qu’à me l’offrir, cet idiot !
Bon, j’enfourche la Vespa après avoir trouvé comment-que-j’allais-trouver-un-endroit-potable-pour-ranger-la-boîte. Aller de Saint-Germain-des-Prés à République, laisse-moi te dire que c’est la galère dès que t’approches d’un truc qui s’appelle quais de Seine.
La Rosalie, un jour qu’elle était un peu bourrée et qu’on était dans une soirée CSP+ où la com’ copule avec les médias, elle a lâché : « Non mais Clara Sheller elle a trop raison : le mec qui te fait livrer des fleurs où un truc du genre au boulot, c’est trop la classe. » Ouais, faut quand même voir la gueule du « truc du genre » parce que même avec un joli ruban, une boîte de tournevis ça reste une boîte de tournevis, quoi.
Alors OK. Vas-y que je te livre une boîte de macarons à République.
« Rosalie elle est en réu’, là, elle peut pas venir », qu’elle sort la standardiste. Humpf. Ben écoute, on va faire un gros deal : je te garde ton standard deux minutes et tu vas lui porter ça, et promis après je te file un scoop génial sur Patrick Bruel (mode salaud on, tu penses). OK, qu’elle fait la standardiste, et qu’elle part livrer la boîte de macarons derrière les portes vitrées en se disant que si ça se trouve, Patriiiiick a trouvé qu’Amanda Sthers avait les ongles écaillés et qu’elle faisait plus trop femme du monde.
De scoop sur Patrick Bruel il n’y eut point. Ça va bien, oui.
Par contre, de brainstorm foutu en l’air par des macarons imprévus, il y eut bien. Et de réu’ à 14h rive droite aussi, du coup.
La prochaine fois, les bulots, vous apprendrez comment on largue une CSP moyen + avec classe quand on est sur le point de choper une CSP+. Les calepins seront recommandés pour la prise de notes.
(Photo FlickR – Yuichi Sakuraba)




