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Elegance Academy #8 — A la conquête des parts de marché affectif

Bonjour ou bonne nuit,

La semaine dernière, il y avait un gros vilain à AmEx Gold et à sourire ravageur qui nous barrait la route vers la CSP+. Qu’est-ce qu’il était méchant tout plein, à faire genre ouais tu peux concourir minus de toute façon t’as aucune chance, ou carrément à nous menacer de nous déboîter la mâchoire. Mais fort heureusement, on a la solution. Elle découle d’un vieux principe moldave : si t’as pas de bras, j’espère pour toi que t’as un cerveau, sinon t’es mal barré.

Voici donc quelques possibilités de roublardise. Pour chacune, on évitera la réponse en contact trop rapproché, par mesure de précaution (oui, car le douchebag cspéplusé a une sacrée allonge) :

« Monsieur,

Tout à l’heure vous m’avez signifié assez clairement que ma tentative de séduction auprès de @la_csp+ était un gros #fail.

Je suis au regret de vous dire que, fort d’un page rank Google de 7, d’un nombre de PV de 65 000 par mois provenant de 24 000 VU, d’un actif de 1 500 followers sur Twitter, 2 300 friends sur Facebook (tu sais, le truc auquel tu viens de t’inscrire, pauvre n00b), et d’un panier déjà rempli de plus de 45 invitations blogueurs en un an et de 150 produits publicitaires offerts, je suis en mesure de vous salir salement la réputation sur le ouaibe 2.0 #epicfail.

Mais ma magnanimité sera grande (cmb). Laisse-moi la CSP+, et je ne m’abaisserai pas à ruiner ta petite (ctb) image.

Tu peux pas test.

XOXO »

Concurrence déloyale

« Bro,

Bon, on va pas se la raconter. On est chez Marlusse&Lapin, de la brune à gros salaire, il n’y a que ça.

Alors je te propose un deal : tu me laisses la CSP+, et je te laisse toutes les autres. Ca me semble un deal acceptable, t’en dis quoi ?

En prime, je t’offre un mojito.

Le mec là-bas »

Entente sur les prix

« Hey mec,

Je crois que tout à l’heure au bar, j’ai pris ton iPhone par mégarde. C’est dingue, ils se ressemblent tous, et j’avais pas fait attention que le mien était dans ma poche. Je pianote dessus depuis quelques minutes et je trouve des trucs super intéressants.

Je pense que la CSP+ qu’on convoite tous les deux sera ravie d’apprendre que dans le dossier « Targets août 2009 », son numéro figure en compagnie d’une Yseult, de deux Mélanie, d’une Constance, d’une Lucie, d’une Salomé et d’une Jeanne. Ca va, tu tapes dans le haut-de-gamme, toi ! Et je suis super content d’apprendre en lisant ton agenda que tu as rendez-vous chez ton proctologue mardi prochain.

Si tu veux garder tes targets et ta réputation intacte, tu sais ce qu’il te reste à faire : get out while I get laid.

Dude. »

Espionnage industriel et chantage

« Hey mec,

Rien. Haha.

Pendant que tu lis ça, tu n’as pas vu que je m’étais approché de la table de sa table et que j’avais entamé la discussion. Mince, comment tu vas faire ? Venir me fracasser sous ses yeux et prendre le risque de louper ta target ? Si tu veux jouer sur le même terrain que moi, va falloir attendre ton tour.

Kissou »

Conquête de PMA et victoire concurentielle

Là-dessus, le douchebag cspéplusé roule la feuille en boule, se mord le poing, et s’en va. La sagesse moldave a des vertus inespérées. Par contre, elle est suceptible de t’envoyer croupir 75 ans en prison.

La semaine prochaine, level 2 ! On a réussi à approcher la CSP+ !

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#7 — La concurrence libre et non faussée
#6 — Love at first poke ?
#5 — Tenter une approche
#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases

Elegance Academy #7 — La concurrence libre et non faussée

Si la CSP+ est toujours célibataire à trente ans, ce n’est pas par un manque d’occasions. Bien au contraire. Au supermarché des mecs branchés à bonne situation et à fort compte en banque, elle est tellement sur-sollicitée qu’elle se retrouve dans la même situation que si elle devait acheter un shampooing. Dès lors qu’il lave et qu’il sent bon, comment faire son choix : au joli package ? le démêlant ? le revitalisant cheveux blonds longs et fins qu’on lave le mardi et le samedi ? le spécial cheveux bruns un peu fatigués par le soleil d’Arcachon mais qui frisouillent très vite ?

Autant dire que lorsqu’on cherche à séduire une CSP+, s’imaginer être en position de monopole pour satisfaire ses besoins relève vite de l’utopie meurtrière. Qu’on se le dise : le modèle concurrentiel de la séduction ressemble moins au trio Coca-Pepsi-Virgin qu’au marché des escarpins trendy. La CSP+ est toujours un morceau de choix au rayon boucherie : délicat, rare et onéreux, il attise la convoitise des pauvres qui bavent d’envie comme sur un gigot du dimanche et des friqués qui traquent les morceaux nobles pour se démarquer du bas peuple qui consomme les abats et les restes. Et, comme tout ce qui est rare et cher, la CSP+ en séduit plus d’un — dont toi, n’oublie pas ton objectif.

Voici donc un petit manuel de survie dans l’univers concurrentiel de la séduction, l’objectif étant naturellement de tailler à la serpe des PMA — parts de marché affectif — dans un marché libre et non faussé.

LA CONCURRENCE BIAISEE

Vous êtes chez Marlusse & Lapin, autre troquet prisé des CSP+ à longue chevelure. Elle est là, assise sur une table d’angle mi-banquette, mi-chaises, avec deux amies à longue chevelure et à ongles rouge pétard, toutes trois devant un verre de Chardonnay. En ayant bien pris soin de vous dé-douchebaguer au préalable, vous êtes sûr de votre coup, cette fois-ci. C’est le bon endroit, vous pouvez tenter une approche. Votre objectif : l’emmener dans le coin chambre cosy au fond du bar, pour terminer la soirée en pre-lovers. Sauf que.

Il y a cet hombre über-sexuel dans son costume Salvatore Ferragamo à un SMIC, quand vous exhibez fièrement partout où vous allez votre pull Dirk Bikkembergs que vous avez péniblement arraché lors d’une solde d’hiver. Lui, est coiffé d’une raie so preppy à la JFK, quand vos cheveux broussailleux sont en rééducation dans un camp de Marines pour les discipliner. Lui, peut se permettre ce soir d’offrir élégamment aux trois demoiselles un ou deux magnums de Veuve-Cliquot, quand vous ne leur offrirez que des mojitos en veulent-elles, en voilà. Lui, est manager chez Ernst&Young, quand vous venez de signer votre CDI sous-payé de chef de pub — l’inflation des titres, la déflation des salaires…

Quoi que vous fassiez, élégamment ou non, l’hombre über-sexuel aura toujours une longueur d’avance grâce à son capital de départ. Bienvenue dans la concurrence faussée.

Photo FlickRDrCraig

LE CHALLENGE IMPOSSIBLE

La chance sourit aux audacieux, vous dites-vous si vous avez un minimum de lettres. Sur un malentendu ça peut marcher, vous dites-vous si les lettres vous font défaut. Offrir de la Veuve-Cliquot à une desperate bachelorette, quel manque de classe, c’est lui augurer un avenir sentimental des plus noirs possible. Voilà que l’hombre übersexuel est un colosse aux pieds d’argile. Certes chaussés de Berlutti, mais d’argile quand même sont ses pieds manucurés.

Vous allez le challenger, et qu’importe si dans l’arène vous êtes le frêle boxeur de Mulhouse et lui Muhammad Ali au sommet de sa gloire. Que vous croyez.

Armé de votre plus beau sourire et de votre carte bleue, vous comptez bien lui montrer que la valeur n’attend pas le nombre des zéros alignés sur votre compte bancaire. Sauf qu’au moment où vous passez devant lui, vous déchantez vite. Non content d’avoir une AmEx Gold, l’hombre übersexuel possède un tour de biceps gros comme vos cuisses. Et visiblement, vu la façon dont ils tressautent sous son costume, il ne semble pas passablement enchanté par l’idée que vous lui piquiez sa target.

Le voilà qui menace de vous intenter un procès coup de poing pour concurrence déloyale. Vous avez parfaitement le droit de remettre en cause son monopole, mais ce sera à vos risques et périls, et ses dix avocats conglomérés en deux cabinets de cinq, Mandale&Torgnole, semblent plutôt dissuasifs. Bienvenue dans la concurrence non-libre.

Devant l’entrelacs des procédures juridiques auxquelles vous pigez que dalle, il vous reste deux solutions : vous écraser ou relever gaillardement le défi de la séduction en milieu sévèrement concurrentiel.

La suite du feuilleton la semaine prochaine !

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#6 — Love at first poke ?
#5 — Tenter une approche
#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases

Elegance Academy #6 — Love at first poke ?

Aujourd’hui, c’est lundi, c’est reparti pour l’Elégance Academy.

[Faudrait sacrément que je retravaille mes intro là, je peux pas demander à mon blog de faire un malaise lipothymique toutes les semaines pour pimenter ces billets ! Je vais essayer de lancer ma souris comme Philippe Risoli]

Cette semaine, on va causer Facebook. Et plus précisément : comment ne pas flinguer son dur labeur de séduction sur Facebook ? Car c’est bien joli d’aimer ces bidules de geeks, mais Facebook, précisément, ça ne devient plus du tout geek maintenant que la France entière câblée et réseautée fait du clic-clic sur son profil quand elle rentre des courses. Et puis, contrairement à ce qu’on pourrait croire, Facebook n’est pas peuplée par des hordes enbiactolées d’adolescents en rut maltraitant à longueur de journée l’orthographe.

Tu t’en rendras vite compte, Facebook est un vrai parcours du combattant pour ne pas sombrer dans la lose de la drague. Voici une petite liste des embûches terribles qui t’attendent sur le long (et dur) chemin du versant 2.0 de la séduction de la CSP+.

Contexte : Martin, 31 ans, chef de pub dans une agence parisienne, a rencontré la CSP+ de ses rêves au Mama Shelter de Paris.

La friend request : Martin connaît son nom qu’il a griffonné sur son Moleskine, il l’a tapé sur le moteur de recherche de Twitter, et il est tombé sur un profil bloqué. Il va pour la requester, mais se ravise. Je ne veux pas passer pour un affamé, qu’il se dit en se creusant la tête. Peut-être, mais c’est un passage obligé : la CSP+ est une femme, et en tant que femme elle ne l’ajoutera pas en ami. Alors, entre la peste et le choléra, Martin doit choisir la grippe [qué].

Le profil de la CSP+ sur Facebook : Martin a tout de suite un choc émotionnel quand elle accepte sa friend request. QUOI ? La CSP+ n’a que 120 amis qui semble tous aussi jeunes et beaux qu’elle ? Eh oui, mais c’est normal, la CSP+ se sert de Facebook uniquement avec des gens qu’elle connaît dans la vraie vie. Contrairement à ses congénères un peu poufs du web, elle ne fait pas la course à qui aura le plus grand nombre d’amis-pas-vraiment-amis, et n’ajoute pas non plus ceux qu’elle n’a vu qu’une fois en vrai. Quand il a compris ça, Martin a comme une bouffée de chaleur que son ventilateur so technogeek branché sur la prise USB de son MacBook parvient à peine à dissiper : elle l’a laissé pénétrer dans son antre.

Profil clean (profil bis) : Quand il consulte le profil de sa CSP+, Martin voit des photos de soirée, des photos lors d’un mariage, des photos dans Paris, des conversations en wall-to-wall, des like à foison, et 4 fan pages. ET C’EST TOUT. Où sont-ils les Guerre des Gangs, les Friends for Sale, les Sheep, les groupes débiles et la fan page « Se réveiller dans les bras de son amoureux » ? Se servirait-elle de Facebook de manière intelligente ?

Violing or not the intimacy (profil ter) : Martin est tout de suite tenté de jouer décontracté en postant un commentaire sous une photo où sa CSP+ pose avec un stetson, des Jackie Ooh et un Cosmo dans la main. C’est une grossière erreur : il se fera rembarrer par un cinglant « On n’a pas garé les Vespa ensemble ». Oui, sur Facebook, la CSP+ n’aime pas les gens qui s’imaginent être amis tout ça parce qu’ils font partie de ses friends. Alors Martin se fera fort de garder ce principe en tête : il ne commentera que sur des photos, situations, ou private jokes, qu’il comprend ou dont il aura fait partie, sinon il s’abstiendra.

La menace du tag : C’est bien beau de regarder le profil Facebook de sa target à 50K boules annuels, mais pendant ce temps rien ne dit à Martin que sa CSP+ ne regarde pas son profil. Et s’il n’y prête pas garde (avoue), voilà ce que lira sa CSP+ : de la dragouille avec 8 filles simultanément, des passions inavouables telles que « Sailor Moon » ou « J’ai fait du Vélib’ bourré », et un joli cliché d’un fessier flasque lors d’une soirée arrosée. Et immédiatement elle clique sur « Remove friend ». Martin, honteux et confus, jura mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Poke me I’m famous ? Non, vraiment pas. Même pas pour rire. Même pas en ripant sur sa souris. Même pas du tout

Message personnel : Et si tu crois un jour que tu m’aimes, n’attends pas un jour pas une semaine… Et pourtant si ! Si Martin a bien respecté la règle des 3-4 jours de latence entre sa première rencontre avec la CSP+ et le friend requesting, il doit poursuivre en ne se jetant pas non plus sur sa boîte privée pour continuer à draguer par claviers interposés. Et que lui dire, à sa CSP+, de toute façon ? S’il n’a pas son numéro, il lui proposera un second rendez-vous. S’il l’a, pourquoi passer par Facebook quand on peut téléphoner ?

Au final, Martin arrivera très vite à la conclusion : Facebook, c’est bien, mais ça n’est d’aucune aide pour séduire la CSP+. Ça reste un réseau social, avec une logique d’environnement bien marqué pour elle (pardon pour la phrase intello, je vais aller me laver les yeux devant Secret Story).

La semaine prochaine, on parle de la concurrence libre et non faussée !

pagerule

Previously on Elegance Academy :

#5 — Tenter une approche
#4 — La CSP+ dans son milieu naturel
#3 — The matchmaking theory
#2 — Comment ne pas être un douchebag
#1 — On pose les bases